Grossesse & maternité· Dossier de fond
Préparation à l'accouchement semaine par semaine : le guide complet (PNP)
Quand commencer, quelle méthode choisir, comment écrire son projet de naissance et reconnaître le vrai travail : tout le calendrier de la préparation à la naissance, semaine par semaine, sources HAS et CNGOF.
16 min de lecture · Publié le 25 mai 2026
Sommaire(23 sections)
Information éducative. Cet article reprend les recommandations officielles françaises. Il ne remplace pas le suivi par votre sage-femme ou gynécologue. En cas de doute sur des contractions, une perte de liquide ou des saignements, contactez immédiatement votre maternité.
Préparer un accouchement, ce n’est pas « apprendre à respirer ». C’est, sur trois mois, faire dialoguer le corps, la tête, le couple et l’équipe soignante autour d’un seul objectif : que le jour J ne soit pas une découverte. En France, la Haute Autorité de Santé encadre précisément ce parcours via le dispositif PNP, préparation à la naissance et à la parentalité : un entretien prénatal précoce (EPP) au 4ᵉ mois, puis sept séances de préparation à partir de 24 SA, entièrement remboursés.
Le calendrier qui suit reprend, semaine d’aménorrhée (SA) par semaine d’aménorrhée, l’ensemble des étapes (séances avec la sage-femme, consultation d’anesthésie, projet de naissance, valise de maternité, signes du vrai travail) pour arriver au terme en confiance, et savoir exactement quand partir à la maternité.
1. À partir de quand commencer la préparation à l’accouchement ?
La réponse officielle tient en deux dates : 4ᵉ mois pour l’EPP, 6ᵉ mois pour les séances de PNP. Mais en pratique, le travail commence dès l’annonce de la grossesse, par couches successives.
Au 4ᵉ mois (12-20 SA), l’entretien prénatal précoce (EPP). Depuis mai 2020, l’EPP est systématiquement proposé à toutes les femmes enceintes (article L. 2122-1 du Code de la santé publique). Réalisé par une sage-femme entre la 12ᵉ et la 20ᵉ semaine d’aménorrhée, il dure au moins 45 minutes. Ce n’est pas un examen clinique : c’est un temps d’écoute pour repérer les vulnérabilités (psychologiques, sociales, familiales), évoquer le projet de naissance, et orienter vers les bons interlocuteurs. Selon la HAS, il est la « porte d’entrée » de tout le dispositif de préparation.
À partir de 24 SA, les 7 séances de PNP. Le calendrier officiel positionne le démarrage des séances autour du 6ᵉ mois, soit la 24ᵉ semaine d’aménorrhée. La HAS recommande de les achever avant 36 SA : au-delà, la mobilité est réduite, la concentration aussi, et certaines méthodes (yoga, haptonomie) deviennent inconfortables. En clair, l’idéal est de programmer la première séance au 6ᵉ mois et la dernière vers la 35ᵉ SA, à raison d’une séance par semaine ou tous les quinze jours.
En parallèle dès le 5ᵉ mois, l’auto-information. Lecture du carnet de maternité (remis lors du premier examen prénatal), inscription à la maternité (souvent dès 12 SA), choix éventuel d’un projet de naissance, premières visites de la maternité (souvent à 28 SA). Aucun de ces actes n’est obligatoire, mais ils participent à la préparation cognitive.
Quand consulter plus tôt ? Si vous avez vécu un accouchement traumatique, une fausse couche tardive, une mort fœtale in utero ou si vous êtes suivie pour anxiété/trouble psychique, l’EPP peut être avancé dès le 1er trimestre et complété par un suivi avec un psychologue périnatal (dispositif Mon Soutien Psy, Ameli).
2. Les 7 séances de PNP : ce que dit la HAS, ce qui est remboursé
Les sept séances de préparation à la naissance et à la parentalité sont remboursées à 100 % par l’Assurance Maladie, sans avance de frais, dès lors qu’elles sont réalisées par une sage-femme (libérale, hospitalière ou en PMI) ou par un médecin. Elles peuvent être individuelles ou collectives (6 à 8 femmes en général).
Les méthodes reconnues
Six approches sont prises en charge dans le cadre du dispositif PNP. Le choix appartient à la femme enceinte, et il est possible de les combiner.
Préparation classique. La plus répandue. Sept séances thématiques : anatomie du bassin, physiologie de l’accouchement, les contractions, la respiration, la péridurale, le séjour en maternité, les premiers jours avec bébé. Adaptée si vous voulez « tout comprendre ».
Sophrologie prénatale. Techniques de relaxation, visualisation positive, ancrage corporel. Vise à diminuer l’anxiété et à apprendre des outils mobilisables pendant le travail. Bonne option en cas de peur de l’accouchement (tokophobie modérée).
Yoga prénatal. Postures adaptées au ventre, travail respiratoire (pranayama), mobilisation du bassin. Renforce la conscience corporelle et soulage les douleurs ligamentaires du 3ᵉ trimestre.
Haptonomie. Communication tactile avec le bébé in utero, à pratiquer en couple. La sage-femme guide les mains du parent qui accompagne pour entrer en contact avec le fœtus. Démarche relationnelle plus que technique.
Préparation en piscine. Travail respiratoire et postural en milieu aquatique, idéal en cas de douleurs lombaires ou de sciatique. Disponible dans certaines maternités et chez quelques sages-femmes libérales équipées.
Chant prénatal. Travail vocal et respiratoire qui mobilise le diaphragme et le périnée, et qui favorise la production d’ocytocine. Approche peu connue mais efficace sur la gestion du souffle pendant la poussée.
Trois principes à retenir
- Aucune méthode n’est supérieure à une autre d’après la HAS. C’est l’engagement personnel qui compte.
- Le couple est bienvenu sur tout ou partie des séances. L’haptonomie l’exige, les autres l’encouragent.
- Sept séances, c’est un maximum remboursé, pas un minimum requis. Vous pouvez n’en faire que trois, ou aucune. C’est votre choix.
3. Semaine 28 à 32 : le décollage (7ᵉ mois)
C’est le mois charnière. Le 3ᵉ trimestre démarre officiellement à 28 SA, et le corps comme la logistique passent à la vitesse supérieure.
Ce qui se passe dans le corps
À 28 SA, le bébé pèse environ 1,1 kg et mesure 38 cm. Vous percevez désormais des contractions de Braxton-Hicks : indolores, irrégulières, brèves (moins de 30 secondes), elles « préparent » l’utérus sans modifier le col. Elles ne doivent pas vous inquiéter, sauf si elles deviennent régulières (toutes les 10 minutes ou moins) et douloureuses. Auquel cas, direction la maternité.
Les séances de PNP des 7ᵉ et 8ᵉ mois portent généralement sur :
- L’anatomie du périnée et le travail de prise de conscience musculaire (utile pour la poussée et pour la rééducation post-partum).
- Les positions d’accouchement : décubitus dorsal, latéral, à quatre pattes, sur le ballon, suspendue. La HAS 2017 (recommandations « Accouchement normal ») souligne que la position dorsale n’est plus la référence et que la femme doit pouvoir choisir.
- La respiration : abdominale, thoracique, soufflante. Pas de méthode unique, mais un répertoire à connaître.
Ce qu’il faut commencer à organiser
Trois chantiers s’ouvrent en parallèle :
- L’inscription en consultation d’anesthésie, à programmer entre 32 et 37 SA. C’est une consultation obligatoire (décret 1994), même si vous prévoyez d’accoucher sans péridurale, car elle conditionne la possibilité d’une anesthésie d’urgence (césarienne, hémorragie de la délivrance).
- Le projet de naissance, à rédiger en parallèle des séances de PNP. Ce document d’une à deux pages exprime vos préférences (péridurale ou non, positions, présence du partenaire, peau à peau immédiat, gestion du cordon, allaitement). Il n’a aucune valeur contractuelle mais ouvre le dialogue avec l’équipe.
- La pré-inscription à la maternité, si ce n’est pas déjà fait. Beaucoup de maternités sont saturées : ne pas attendre.
La valise : commencer le repérage, pas encore le bouclage
À 28 SA, lister ce qu’il faut acheter suffit. Le bouclage de la valise se fait à 32 SA. Anticiper évite la course au dernier moment, surtout pour les articles spécifiques (slips jetables post-accouchement, soutien-gorge d’allaitement, coussinets, brassières naissance taille 0/1).
4. Semaine 33 à 36 : intensification (8ᵉ mois)
Le 8ᵉ mois est dense. Trois examens-clés s’enchaînent : le 6ᵉ examen prénatal mensuel, la 3ᵉ échographie de croissance (30-35 SA, idéal 32 SA) et le prélèvement vaginal de recherche du streptocoque B (35-38 SA). C’est aussi la période où les dernières séances de PNP doivent être bouclées.
La consultation d’anesthésie : ce qu’on y fait
Programmée par la maternité entre 32 et 37 SA, elle dure 30 à 45 minutes. L’anesthésiste :
- Examine vos antécédents médicaux, allergies et traitements en cours.
- Prescrit un bilan sanguin spécifique : numération formule sanguine, bilan d’hémostase (TP, TCA, fibrinogène, plaquettes), groupe et Rhésus déjà connus.
- Vérifie la faisabilité de la péridurale : palpation du dos, recherche d’une contre-indication anatomique ou hématologique.
- Explique les différentes options : péridurale (analgésie du travail), rachianesthésie (césarienne programmée), anesthésie générale (urgence vraie).
Sans cette consultation, l’équipe d’anesthésie ne peut pas vous prendre en charge en sécurité. Pour rappel, l’anesthésie en urgence est plus risquée car réalisée sur un dossier incomplet.
Le projet de naissance : six items à arbitrer
Le projet de naissance n’est ni un contrat ni un cahier des charges. C’est un outil de dialogue. Les six points qui valent la peine d’être tranchés à l’avance :
- Analgésie : péridurale d’emblée, péridurale possible si demande, ou sans péridurale.
- Mobilité pendant le travail : déambulation, ballon, baignoire si la maternité en dispose.
- Position de poussée : décubitus dorsal, latéral, à quatre pattes, suspendue.
- Épisiotomie : pas systématique en France (taux moyen 8 % en 2021 selon l’Enquête nationale périnatale). Demander qu’elle ne soit pratiquée qu’en cas d’indication.
- Naissance : peau à peau immédiat, clampage tardif du cordon (≥ 1 min), première tétée précoce si allaitement.
- En cas de césarienne : présence du partenaire au bloc, peau à peau si possible en salle de réveil.
Le projet doit être discuté avec votre sage-femme lors de l’EPP ou d’une séance de PNP, puis remis à la maternité lors de la consultation pré-anesthésique ou du 9ᵉ mois.
La valise de maternité : prête à 32 SA
À 32 SA, la valise doit être prête, fermée, posée à côté de la porte. Une rupture prématurée des membranes ou un travail à 35 SA reste possible (10 à 12 % des accouchements ont lieu avant 37 SA en France). Trois sacs distincts simplifient la vie : votre sac, le sac du bébé, le sac « salle de naissance » (avec la pochette administrative).
L’écho du 3ᵉ trimestre : ce qu’elle change pour l’accouchement
Réalisée entre 30 et 35 SA (idéal 32 SA), elle vérifie quatre points qui orientent directement la stratégie obstétricale :
- Présentation : céphalique (95 % des cas), siège (3 à 4 %), transverse (1 %). En cas de siège persistant à 36 SA, une version par manœuvre externe est proposée à 37 SA dans une maternité expérimentée (CNGOF 2020).
- Croissance fœtale : suspicion de macrosomie (> 4 kg) ou de RCIU (retard de croissance intra-utérin).
- Liquide amniotique : index normal entre 8 et 18 cm.
- Position du placenta : un placenta praevia recouvrant impose une césarienne programmée.
5. Semaine 37 à 39 : la dernière ligne droite (9ᵉ mois)
À 37 SA, la grossesse est considérée comme à terme (full-term selon l’OMS). Le bébé est mature, et l’accouchement peut survenir d’un jour à l’autre.
Le 7ᵉ examen prénatal (9ᵉ mois)
Réalisé par votre sage-femme ou votre gynécologue, il inclut :
- Tension, poids, hauteur utérine, bandelette urinaire.
- Examen clinique du bassin (osseux et mou) pour évaluer la voie d’accouchement.
- Toucher vaginal : évaluation du col (longueur, position, consistance, dilatation), non systématique, à votre demande ou si signes cliniques.
- Estimation du poids fœtal.
Reconnaître les signes du travail
Trois signes doivent vous conduire à la maternité sans attendre :
- Contractions régulières : intervalle ≤ 5 minutes pendant au moins 1 heure, douloureuses, qui ne cèdent pas au repos ni au bain chaud. Pour un premier accouchement, beaucoup de maternités demandent d’attendre que les contractions soient à 5 minutes d’intervalle pendant 1 à 2 heures (règle dite « 5-1-1 » ou « 5-1-2 »).
- Rupture de la poche des eaux : écoulement franc ou suintement persistant. À noter : la couleur importe (clair = normal ; teinté de méconium vert = signal d’alerte, partir tout de suite).
- Saignement rouge vif type règles ou abondant : départ immédiat à la maternité (suspicion de décollement placentaire).
À l’inverse, la perte du bouchon muqueux (glaire épaisse rosée ou brunâtre) n’est pas un signe de travail imminent. Elle peut précéder l’accouchement de plusieurs jours, voire d’une à deux semaines.
Vraie alerte vs fausse alerte
| Signe | Vrai travail | Faux travail |
|---|---|---|
| Régularité des contractions | Régulières, rapprochées | Irrégulières, espacées |
| Intensité | Croissante au fil du temps | Stable ou décroissante |
| Effet du repos / bain chaud | Persiste ou s’intensifie | Cède en 20-30 min |
| Localisation | Bas du dos + ventre | Ventre seul |
| Col à l’examen | Modifié (raccourci, dilaté) | Non modifié |
En cas de doute, appelez la maternité avant de partir. Toutes les maternités disposent d’une ligne sage-femme 24 h/24 qui peut vous guider à distance et décider du moment opportun.
6. Semaine 40 à 41 : le dépassement de terme
La date présumée d’accouchement (DPA), calculée par la règle de Naegele (date des dernières règles + 14 jours + 9 mois), n’est qu’une estimation : moins de 5 % des bébés naissent exactement à cette date. Selon l’Enquête nationale périnatale 2021, 40 % des accouchements ont lieu après 40 SA + 0, et environ 15 à 20 % au-delà de 41 SA.
La surveillance à partir de 41 SA
Le CNGOF (Recommandations pour la pratique clinique « Grossesse prolongée et terme dépassé », 2011, actualisé 2023) définit la stratégie suivante :
- Entre 41 SA + 0 et 41 SA + 6 : la sage-femme ou le gynécologue propose un monitoring fœtal tous les 2 jours et une mesure échographique du liquide amniotique. L’objectif est de dépister précocement une souffrance fœtale chronique.
- À partir de 41 SA + 0 : un déclenchement peut être proposé selon les conditions du col (score de Bishop), les préférences de la patiente, et les ressources de la maternité.
- Avant 42 SA + 0, soit au plus tard à 41 SA + 6 : un déclenchement est recommandé, car au-delà de 42 SA, le risque de morbidité périnatale (souffrance fœtale, inhalation méconiale, mort fœtale in utero) augmente significativement.
Pourquoi pas attendre plus longtemps ? L’essai suédois SWEPIS (BMJ 2019) a comparé le déclenchement à 41 SA à une expectative jusqu’à 42 SA : il a été interrompu prématurément en raison d’une mortalité périnatale significativement plus élevée dans le groupe expectative (aucun décès dans le groupe déclenché contre six dans le groupe expectative), sans augmentation des complications maternelles. La revue Cochrane de Middleton et al. (2020) confirme qu’un déclenchement systématique à terme ou en cas de dépassement réduit la mortalité périnatale sans majorer le risque de césarienne par rapport à une expectative prolongée.
Le déclenchement : comment ça se passe
Selon la maturité du col (score de Bishop), trois techniques principales sont utilisées :
- Col défavorable (Bishop < 6) : maturation cervicale par prostaglandines (gel, tampon vaginal ou ballonnet de Foley) sur 24 à 48 h, puis perfusion d’ocytocine.
- Col favorable (Bishop ≥ 7) : rupture artificielle des membranes (amniotomie) + perfusion d’ocytocine.
- Antécédent de césarienne : la maturation par prostaglandines est contre-indiquée (risque de rupture utérine). Le déclenchement repose sur le ballonnet ou la rupture des membranes selon les conditions.
Le déclenchement n’est ni plus douloureux ni « moins naturel » qu’un travail spontané. C’est un mode d’entrée en travail qui répond à une indication médicale claire.
7. Le jour J : reconnaître le vrai travail et partir au bon moment
Le moment du départ à la maternité est un sujet d’anxiété récurrent. Trois règles simples permettent de trancher.
Règle 1, première grossesse, contractions régulières. Attendre que les contractions soient régulières à 5 minutes d’intervalle pendant 1 à 2 heures, douloureuses au point d’empêcher de parler pendant la contraction. Avant ce stade, la phase de latence peut durer 6 à 12 heures, et partir trop tôt expose à un renvoi à domicile.
Règle 2, deuxième grossesse, partir plus tôt. Le travail est en moyenne deux fois plus rapide. Dès que les contractions sont régulières et douloureuses (8 à 10 minutes), prendre la route.
Règle 3, toujours partir tout de suite si : rupture de la poche des eaux (eau claire ou teintée), saignement rouge vif, diminution franche des mouvements actifs du bébé depuis plus de 12 heures, douleur abdominale violente et continue (suspicion de décollement placentaire), ou fièvre > 38,5 °C.
Sur place : la phase d’accueil
À l’arrivée, vous êtes prise en charge par une sage-femme qui réalise :
- Un monitoring (cardiotocogramme) de 20 à 30 minutes pour évaluer le rythme cardiaque fœtal et la fréquence des contractions.
- Un toucher vaginal pour évaluer la dilatation, l’effacement du col, la présentation et la position du bébé.
- Une vérification du dossier (consultation d’anesthésie, projet de naissance, sérologies).
Selon le stade :
- Dilatation < 3 cm + contractions peu efficaces : retour à domicile possible (à proximité), ou installation en chambre de pré-travail.
- Dilatation ≥ 4 cm : installation en salle de naissance, pose éventuelle de la péridurale (à votre demande).
Le séjour moyen en maternité après accouchement voie basse est de 3 jours (4 à 5 jours après césarienne). À la sortie, une sage-femme libérale prend le relais à domicile via le dispositif PRADO (Programme d’accompagnement du retour à domicile, Ameli). Première visite dans les 5 à 10 jours.
Sources officielles
- Haute Autorité de Santé, Préparation à la naissance et à la parentalité (PNP), recommandations professionnelles, novembre 2005.
- Haute Autorité de Santé, Comment mieux informer les femmes enceintes ?, avril 2018.
- Haute Autorité de Santé, Accouchement normal : accompagnement de la physiologie et interventions médicales, décembre 2017.
- Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF), Recommandations pour la pratique clinique — Grossesse prolongée et terme dépassé, 2011, actualisé 2023.
- Ameli.fr, Préparation à la naissance et à la parentalité, et Le programme PRADO maternité.
- Code de la santé publique, articles L. 2122-1 et suivants ; Décret n° 94-1050 du 5 décembre 1994 relatif aux conditions techniques de fonctionnement des établissements de santé en matière d’anesthésie.
- Enquête nationale périnatale 2021, INSERM / Santé Publique France / DREES.
- Wennerholm UB, et al., Induction of labour at 41 weeks versus expectant management and induction of labour at 42 weeks (SWEPIS), BMJ, 2019.
- Middleton P, Shepherd E, Morris J, Crowther CA, Gomersall JC, Induction of labour at or beyond 37 weeks’ gestation, Cochrane Database of Systematic Reviews, 2020.
Questions fréquentes
Quand commencer la préparation à l'accouchement ?
La préparation à la naissance et à la parentalité (PNP) démarre officiellement par l'entretien prénatal précoce (EPP) au 4ᵉ mois, entre la 12ᵉ et la 20ᵉ semaine d'aménorrhée. Les 7 séances de préparation elles-mêmes commencent au 6ᵉ mois (24 SA) et doivent idéalement être terminées avant 36 SA. En pratique, programmer la première séance entre 24 et 28 SA permet d'étaler le travail sans pression, surtout pour un premier enfant. Les femmes ayant déjà accouché peuvent décaler vers 28-30 SA, le rappel étant plus court.
Combien de séances de préparation à l'accouchement sont remboursées ?
**Huit séances au total sont remboursées à 100 % par l'Assurance Maladie** : un entretien prénatal précoce (EPP) au 4ᵉ mois + 7 séances de préparation à partir de la 24ᵉ semaine d'aménorrhée. Le remboursement est intégral, sans avance de frais, dès lors que la séance est réalisée par une sage-femme (libérale, hospitalière ou en PMI) ou un médecin. Les séances avec un praticien non conventionné ou hors dispositif (doula, coach périnatal, professeur de yoga non sage-femme) ne sont pas prises en charge par la Sécurité sociale, mais peuvent l'être en partie par certaines mutuelles.
Quelle méthode choisir : classique, sophrologie, haptonomie ou yoga prénatal ?
Aucune méthode n'est supérieure aux autres selon la HAS, toutes sont efficaces dès lors qu'elles correspondent à votre tempérament. La préparation classique convient si vous voulez tout comprendre du déroulé technique. La sophrologie est précieuse en cas d'anxiété ou de peur de l'accouchement. Le yoga prénatal mobilise le corps et soulage les douleurs ligamentaires. L'haptonomie se pratique en couple et travaille la relation parent-bébé in utero. La piscine soulage le dos. Le chant prénatal muscle le souffle. Vous pouvez combiner deux approches au cours des 7 séances remboursées.
Que mettre dans le projet de naissance ?
Le projet de naissance est un document d'une à deux pages qui exprime vos préférences sur six points clés : analgésie (péridurale ou non), mobilité pendant le travail, position de poussée, gestion de l'épisiotomie (non systématique), accueil du bébé (peau à peau, clampage tardif du cordon, première tétée) et scénario en cas de césarienne (présence du partenaire au bloc). Il doit être discuté avec votre sage-femme lors de l'EPP ou d'une séance de PNP, puis remis à la maternité lors de la consultation d'anesthésie ou du 9ᵉ mois. Il n'a aucune valeur contractuelle mais ouvre le dialogue avec l'équipe soignante.
À partir de quand préparer la valise de maternité ?
La valise de maternité doit être **prête, fermée et posée à côté de la porte dès 32 SA (8ᵉ mois)**. Cette anticipation est justifiée par le risque d'accouchement prématuré : en France, 10 à 12 % des naissances ont lieu avant 37 SA. Pour simplifier la prise en charge, prévoir trois sacs distincts : votre sac (vêtements, trousse de toilette, brumisateur, soutien-gorge d'allaitement), le sac du bébé (brassières taille 0/1, pyjamas, bonnet, gants, sortie de maternité) et le sac « salle de naissance » contenant la pochette administrative (carte vitale, carnet de maternité, projet de naissance, consultation d'anesthésie).
Que se passe-t-il si je dépasse le terme ?
À partir de **41 SA + 0 (terme dépassé)**, une surveillance renforcée est instaurée : monitoring fœtal tous les 2 jours et mesure échographique du liquide amniotique, selon les recommandations CNGOF 2023. Un déclenchement est proposé entre 41 SA + 0 et 41 SA + 6 selon les conditions du col (score de Bishop), vos préférences et les ressources de la maternité. Il est recommandé **avant 42 SA + 0 (soit au plus tard à 41 SA + 6)**, car au-delà de 42 SA le risque de morbidité périnatale (souffrance fœtale, inhalation méconiale, mort fœtale in utero) augmente significativement. Le déclenchement n'est ni plus douloureux ni « moins naturel » qu'un travail spontané. C'est un mode d'entrée en travail qui répond à une indication médicale claire.
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